ZAM

Apprendre à dessiner avant de savoir écrire… Voyager avant même d’apprendre à marcher…

Zohra Monoyer Amrous, artiste engagée, Trente-trois ans d’existence sur la planète Terre. Double identité, deux parents artistes, un père peintre et une mère plasticienne. Je dis souvent que je suis tombée dedans étant petite… De quoi je parle ? De l’art… Ce à quoi on me répond souvent : « Ah, ça a dû être facile comme choix pour toi ». Non, je ne pense pas que c’était un choix si facile. Perfectionniste et méticuleuse, j’ai jeté mon dévolu sur la photographie, un art mécanique et créatif. Mais pas que, les arts plastiques avaient déjà conquis mon cœur depuis l’enfance.

J’ai commencé à étudier la photographie dans la « Cité Ardente », plus précisément à Saint-Luc. La Bruxelloise que j’étais a découvert la convivialité liégeoise. J’y ai découvert une passion pour le reportage et pour la photographie au quotidien de ce qui m’entoure. J’ai eu l’occasion pendant mes études d’exposer mes œuvres dans l’enceinte de Saint-Luc Liège. J’ai aussi eu l’occasion de présenter mon travail sur les habitats hors normes ou alternatifs dans une occupation temporaire à Saint-Gilles. J’ai obtenu mon diplôme de bachelière « arts plastiques visuelles de l’espace », option photographie. Je me suis formée à la vidéographie à l’école de photographie et de technique visuelle Agnès Varda.

Je pense maintenant ne plus pouvoir me passer de l’art. Il fait partie entière de mon existence à chaque instant. Un livre, un dessin, une photographie. Choisir un medium ? Jamais. Choisir, c’est renoncer ! Malgré tout, depuis quelque temps, je m’impose un choix. Je me suis mise comme challenge de produire « une photo par jour ». J’ai commencé ce pari fou en 2017 avant de partir au Canada, seule avec mon sac à dos. Et, depuis tout ce temps, je continue. Ça a poussé mon imaginaire, mis mes nerfs à rude épreuve et m’a poussée à devoir chercher l’exceptionnel dans un décor que je vois parfois depuis plus de dix ans. La photographie est devenue le prolongement de mes yeux et de mon esprit, comme le dessin est devenu le prolongement de mes mains.

Mon amour pour le voyage ne s’est pas arrêté au Canada, j’ai vécu en Angleterre, ensuite en Finlande et en Italie. Je suis rentrée au « plat pays » un peu avant la pandémie du COVID-19 et ses confinements. J’ai décidé d’y rester un temps et de reprendre des études… C’est alors que j’ai entamé un Master. Une artiste à l’université ? Et pourquoi pas ? J’ai fait des études en Gestion culturelle. Si l’université m’était terre inconnue, avec ses codes que je ne maîtrisais pas, j’y ai redécouvert ma passion pour la lecture et l’écriture. Un nouveau monde s’est ouvert à moi, la découverte de la recherche scientifique, et celui de la sociologie et de l’anthropologie qui m’étaient alors inconnu.

Parallèlement aux études pour le Master, j’ai travaillé en tant qu’artiste intervenante dans le secteur du handicap. Où j’ai proposé des ateliers de photographie et de dessins avec des
adultes en situation de handicap à Médori, un centre de jour à Laeken. Et je travaille dans un laboratoire de photographie argentique depuis un an à Saint-Gilles, en tant que photographe laborantine. J’imprime et développe les photographies argentiques et digitales d’amateurs et
de professionnels, art et souvenirs de famille. À cause du retour à l’agentique, j’ai adopté un nouvel « animal » : le Mamiya c220, un appareil photographique moyen format. Si depuis longtemps ma photographie au quotidien se conçoit en carré, quoi de mieux que le moyen format.

L’art est un outil pour le mieux-être ? J’ai réalisé mon mémoire sur un sujet qui me tient à cœur depuis quelque temps, l’Art-thérapie. Il a pour titre « Art-thérapeute, une profession en devenir. Quelles sont leurs participations au sein des institutions culturelles ? ». Par la suite logique des choses, j’ai fait une spécialisation en art-thérapie à la Haute École Libre de Bruxelles Ilya Prigogine, où j’ai découvert l’univers de la psychiatrie adolescente par le biais d’un stage où j’ai pu proposer des ateliers en arts plastiques et en photographie. J’ai exploré et questionné la notion de l’espace et du temps à travers ce projet encore en cours actuellement.

Bienvenue dans les étoiles…

Zohra Monoyer Amrous