Jour 122 : D’Est en Ouest :

Cela partait d’une idée insensée… Traverser le Canada en bus d’Est en Ouest. De Montréal à Vancouver. On n’y est pas encore… Certes… Mais je me rapproche… Mais me voila partie pour trois jours de route de Montréal (Québec) à Saskatoon (Saskatchewan). Je vais traverser quatre provinces et deux heures décalages horaires. (6h de décalage avec la Belgique, c’était pas assez me voilà à 8h… Bientôt 9 h… Hello BC). C’est maintenant que la vrai aventure commence, je quitte ma zone de confort. Je me dépasse, je franchi encore des limites. Montréal était devenu ma maison (comme Bruxelles, Liège, on s’adapte vite… On prend ses marques, on fait son nid, on creuse son terrier…) je m’y sentais comme chez moi, il n’y avait plus aucun challenge. C’était ma langue… Me voilà partie pour l’anglophone… Nouveau challenge : parler anglais (ouf… Y a du boulot là…). Vais-je comprendre les gens quand ils me parleront ? Vais-je m’en sortir en anglais ? Vais-je arriver à me faire comprendre ? … Pleins de questions tourne en boucle dans la tête. Dans le fond, je suis contente que mon expérience à Stoneham se soi mal passée, sinon je ne serais jamais partie du Québec, j’aurais jamais réellement pu découvrir la diversité canadienne. Je n’aurais pas réellement pu avoir un aperçu de ce pays dans sa globalité… Ni comprendre la différence entre les régions, les cultures, les mentalités, les paysages… Au revoir Québec, peut être à bientôt (tu me manques déjà, je l’avoue… Je suis tombée en amour de toi… Tu es si beau, ton peuple est si accueillant…). Juste une journée de repos et je reprend la route. J’ai tout juste le temps d’aller boire un verre avec Aurélie pour lui dire au revoir. Tout juste le temps de te dire au revoir Montréal… La journée est finie… Je ne l’ai pas vu passée…
Jour 123 : Un nouveau départ…

Levée à 4h30 du matin, je pars de l’endroit d’où je suis arrivée à Montréal, où j’ai découvert le pays, où j’ai fais mes premiers pas. Au revoir Hochelaga… Quelle drôle de sensation, cet environnement qui m’est maintenant familier, cet appartement que j’ai connu à mon tout début (quels merveilleux gens vous êtes Melody et Alex, quelle chance d’avoir atterrit chez vous à mon arrivée…). Je m’apprête à tout quitter (encore une fois…) et pour de bon !
Le bus pour rejoindre la station Pie IX est à 5h30, après le métro et direction gare des bus. Départ prévenu à 7h… Mais on vas avoir du retard, ça commence mal, je m’inquiète… Ma correspondance à Ottawa est très courte, j’espère avoir le temps de changer… Au total 5 bus différents à prendre. Aujourd’hui c’est l’Ontario (Ottawa, Petawawa, North Bay, Sudbury, Sault-Sainte-Marie, White River, Nipigon, Thunder Bay, Dryden, Kenora). Mes premiers pas en Ontario vont être rude. Plus personne ne parle francais… Du moins plus personne ne veux me répondre en français. (Je connais si bien ça… Une impression de déjà vu. J’ai découvert le même soucis linguistique qu’en Belgique, la même gueguerre et encore une fois on me met au milieu). Je galère, j’essaye d’aligner mes mots en anglais, j’essaye de former des phrases, on s’énerve sur moi en français en anglais, je comprend rien, personne ne m’aide… Je ne comprend pas ce qu’on me demande, je comprend pas les questions qu’on me pose… Je dors dès que je peux, je suis épuisée, le bus est rempli, on s’arrête constamment, les lumières s’allument en pleine nuit. Je me rend compte que ce voyage vas être rude. Que les conditions du bus ne sont pas vraiment optimale…
Jour 124 : Suite et fin :

J’arrive au Manitoba, le bus s’est clairement vidé… (Winnipeg, Brandon, Dauphin)… Tout le monde à trouver étrange que je traverse le Canada en bus et j’ai vite compris pourquoi… Drôle de gens… Impossible de communiquer, on t’engueule pour rien… Manitoba, me voilà la seule étrangère francophone, parmi les canadiens et les autochtones. J’essaye de me fondre dans la masse. Arrivée à Winnipeg, on a un gros contrôle de sécurité, fouille, détecteur de métaux… Le premier réel contrôle d’ailleurs… Je demande pourquoi on me répond : « Winnipeg »… Ok… En Ontario, j’ai fais la rencontre de la seule fille qui a bien voulu discuter avec moi. On a le même âge, elle vient du New-Brunswick, elle est très gentille mais très étrange, elle se balade avec un petit sac à dos comme seule affaire et un sac avec une grande bible. Mais je reste près d’elle, car elle est gentille, puis je me sens seule et pas vraiment en sécurité… Je dors sur mon sac, que d’un œil, je n’ai pas confiance aux gens, je n’ai confiance en personne. J’arrive en Saskatchewan, dernière ligne droite, j’ai hâte… (Yorkton, Wynyard) enfin Saskatoon… Libération…
J’ai traversé le Canada en bus, oui je l’ai fait !