Day 168 to day 172 : « L’Europe au Canada : De Calgary à Edmonton : De la Slovaquie au Pays-Bas »

« … Et puis quelqu’un te tend la main quand tu ne t’y attend plus, et t’aide à te relever. »

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J’ai booké un airbnb en dernière minute, il fallait que je parte de ce workaway de fou à tout prix. Arrivée à 22h. L’accueil est tout autre, la femme est adorable. Je suis chez un couple originaire de Slovaquie. J’explique à la femme en deux mots ce qui met arrivée… Et ce pourquoi je suis un peu déboussolée. Je me réveille le matin (midi?!) j’ai bien dormi, mon esprit est un peu engourdi, toujours en état de choc. « Que vais-je faire, Où vais-je aller? » je n’avais prévu aucun plan bis, rien et pensais rester là-bas pendant un ou deux mois. Pourtant en trois jours c’était plié, fallait que je parte absolument. Le monde extérieur m’oppresse. Cette aventure Workaway était vraiment désastreuse et ma fortement atteinte, me sens affaiblie. Suzanna est adorable, elle m’offre un repas pour le midi, et ça va de venir un rituel, elle m’offre repas,  smoothie, thé et tout ce qu’elle peut.  Elle a remarqué que je ne suis pas dans mon état normal. On parle beaucoup…

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Elle finira par me raconter qu’elle a aussi fais des volontariats en tant que jeune fille au pair. Et que ça s’est mal passé pour elle. On vas beaucoup discuté sur la notion de bénévolat et sur le faite que les gens profite et ne sont pas honnête. Elle me dit : « il ne faut pas travailler gratuitement et vivre chez les gens, car 80% vont te prendre pour une esclave à porter de main. Tout à un prix ici. » (Comme j’aimerais lui donner tord… Mais a t’elle vraiment tord au fond…) Elle me demande pourquoi je ne travaille pas alors que j’ai un permis de travail. Mon excuse parait un peu plate : « Je veux voyager et j’aime les bénévolats normalement. Je ne parle pas bien anglais« … Elle me répond que : « je parle bien anglais, que si je voyais certains travailleurs, je comprendrais que mon anglais est clairement meilleur. Qu’elle non plus ne parlait pas bien anglais quand elle est arrivée. Ce n’est qu’à force de vivre ici qu’elle s’est perfectionnée. » Normalement je devais passer deux nuits chez elle et son mari. Je fini par rester quasi une semaine chez eux. Je vais écumer workaway, wwoofing et helpx… Je vais essuyer énormément de refus. Plus de place nulle part… « Que vais-je faire? » Je regarde le prix des appartements à Calgary. Impossible. Beaucoup trop cher. Je fini par prendre une décision. Calgary ce n’est pas fait pour moi, il faut que je quitte l’Alberta! C’est décidé, je pars. Je vais réserver un bus pour Edmonton. Et un train pour Vancouver. Je le fais un peu sur un coup de tête, mais pas tant que ça. Je me rend compte que j’aurais plus de possibilité en Colombie Britannique. Peut-être était t’il temps de continué la traversé du pays et continuer mon périple. Il faut que je parte d’ici, l’aventure doit continuer. J’ai entendu dire que le trajet en train dans les rocheuses et le plus beau du Canada… (Je ne vais vraiment pas être déçue). Je me laisse tenter.

Dans un rêve un peu fou, au début de mon voyage je voulais traverser le Canada. Mais je ne pensais pas réellement le faire. Trois mois avant c’était inimaginable, j’étais partie pour faire tout mon voyage au Québec et à la limite passer un petit peu en Ontario (Ottawa et Toronto) mais ça s’arrête là. On pousse ses limites toujours plus loin…

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Aucun train ne part de Calgary et de plus aucun train avant vendredi matin. Ce n’est grave je vais prendre un Airbnb  à Edmonton poche de la gare pour jeudi soir. Katie, mon hôte airbnb travail, mais elle m’as dit que je pouvais déjà venir à son appartement l’après midi et poser mes affaires. J’arrive à l’appartement. Impossible de me connecter à internet. Moi qui ai eu des ennuis récemment ça tombe mal, je ne peux pas prévenir que je suis bien en vie et arrivée à Edmonton. J’abandonne je peux rien faire, je ne vais pas me battre avec ce modem. Je m’avoue vaincue et me pose sur le  lit pour lire un livre. Je ne m’attendais pas à une pareil rencontre. Encore un coup de coeur. Après ces gros coups durs cela fait du bien. Je récupère foi en ce voyage. Les gens ne sont donc pas tous crapuleux… Je tombe sur Katie, une canadienne d’origine hollandaise totalement adorable, elle m’offre une bière et on vas discuter toute la soirée dans mon mauvais anglais. Comme c’est étrange depuis le début de mon périple j’ai l’impression de croiser que des canadiens d’origine européenne… « Ou sont-t’ils les canadiens? » Je ne passe qu’une nuit chez elle, mais ce fut une très belle rencontre. Je  pars dormir tôt, un long voyage m’attend. (Et en plus de ça, le lit est merveilleusement moelleux… Je vais dormir merveilleusement bien…)

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Demain direction Vancouver… 

 

164 à 167 « Wild Rose Country » Une vision un peu trop communautaire en Alberta…

(Ceci est l’épisode que j’ai le plus de mal à écrire…) 
(Ceci ne représente que quatre jours de mon voyage mais j’en reste marquée…)

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Le jour même toujours aucune nouvelle de quand on vas venir me chercher à Calgary pour ma nouvelle aventure Workaway. Je fini par réussir à contacter Spencer par Whatsapp. Mahendra viendra me chercher à 14h avant d’aller à son travail me dit on. Il arrive à l’heure prévu, je me retrouve avec un petit homme d’origine indienne, très conviviale qui me parle de tout et de rien. On vas faire des courses au supermarché ensuite on vas chercher ses enfants a l’école. Il me présente ses enfants, me dit que dans sa culture on donne des noms familier aux membres d’une même communauté, il me demande quel age j’ai et me demande si ça me vas si sa fille m’appelle « tante ». Je trouve ça étrange, mais je le trouve rien à dire la dessus, après tout ne jugeons pas, c’est que le début d’un nouveau volontariat. Il me dit que c’est comme ça en Inde. Je me dis « pourquoi pas ». Après on vas chercher sa femme qui travaille à l’université. Elle me demande si je préfère aller voir le cours de danse de sa fille ou aller (encore) au supermarché avec son mari… Je choisi les cours de danse « of course… » Il nous dépose devant un lieu qui parait être un ancien appartement ou une ancienne fabrique en pas très bon état, il n’y a pas réellement de pancarte ni de logo. Un homme arrive et nous ouvre, Naomi me demande si j’ai déjà été dans un temple hindou. Je dis non… On se retrouve dans ce lieu pour le cours de danse qui ce révèle être un temple en même temps. Je regarde Noami « prier »… Je suis posé par terre pas vraiment à ma place. Le cours de danse commence bientôt… Le cours terminé, Mahendra revient nous chercher et il dépose sa femme à leur appartement avec les enfants. Pour finir nous partons enfin pour la communauté à Bragg Creek. On me présente les gens et lieu où je vais dormir. C’est une chambre avec un lit en hauteur (vraiment très haut) je ne suis pas ravie, mais bon je ne vais pas me plaindre ils ont mit les chauffages électriques car il n’y a pas le chauffage dans cette partie de la communauté. Ca fera l’affaire enfin je l’espère… On me précise aussi que la salle de bain ne fonctionne pas et que la toilette est à utiliser en cas extrême urgence… La salle de bain est disponible dans la première maison à l’entrée ou Mahendra vit. Ou il y a cuisine salle de bain… Bon ok…

43746897_10161243798280037_7135626135492100096_oCe que je m’apprête a vous raconter est une histoire de fou. Du moins pendant ses 4 jours, moi j’ai eu l’impression de basculer dans la folie. Je n’aimais pas ces gens et ils m’aiment pas. J’ai parfois le sentiment que mon voyage est digne d’un film de science fiction. Ou une mauvaise blague. C’est parfois trop gros pour être vrai. On vas me faire laver toutes les salles de bains toute seule, c’est a dire 8 salles de bain. Je ne vais pas vraiment apprécier ça mais je vais le faire sans broncher. Après tout j’ai l’habitude du volonesclavagisme.

44062877_10161247550280037_7604117577547120640_o Le lendemain. Un couple de bénévoles revient d’un petit road trip. On me les présente vaguement un type espagnol et une femme République tchèque. Ils vont recommencer toutes les salles de bains. Car « c’est mal fait, tu sais moi je suis vraiment perfectionniste ». Ce moment tu commences à trouver ton boulot ingrat et inutile. Chaque soirs Mahendra vas insister. Non tu ne rentres pas à ta chambre seule, tu dois êtres accompagné car il y a des animaux sauvage ici dans la forêt. Les moments de solitude sont rare.

44084642_10161251676140037_6252921394506498048_oPetit a petit je vais sentir l’étau ce resserré sur moi. Du « tu restes le temps que tu veux ». on est passé a « faut qu’on parle de tes plans futur et de quand tu comptes partir » en d’autre mot « tu dois partir et vite ». Toute façon je veux partir, je me sens mal ici ils me mettent mal alaise. Les cours du matin au soir pour définir ce qu’est la vie et le bonheur ou du moins ce que c’est pour eux. Je fini par me murer dans un silence. Pendant les cours Mahendra m’en veux car je n’écoute pas. Je fais croire que je ne comprends pas. Je vais répéter en boucle que je ne comprend pas l’anglais. Ce lieu m’angoisse. C’est décidé je pars. Je vais trouver le « chef » et lui dire. Ok je veux partir reconduisez moi à Calgary. Il ne discute pas. Ok je vais demander a ma femme si elle peut te reconduire elle revient bientôt. Là tu psychoses complément. Et si je ne pouvais pas partir d’ici. Et si sa femme n’avait pas envie de me reconstruire aujourd’hui. Je suis bloqué au fin fond de nulle part, dans la neige a plus d’une heure de Calgary… Autant dire que les transports en commun au Canada ce n’est pas leur fort. Donc je n’ai que la solution que eux me reconduisent. Cette journée je vas la passé à lire « A quoi rêvent les loups » de Yasmina Khadra. Plonger dans ma lecture les deux pieds sur mon backpack. J’essaye de passer le temps et d’oublier le monde qui m’entoure… Ca va traîner… Je ne vais être reconduit que le soir. Personne ne me dira vraiment au revoir. l’atmosphère est étrange. Juste Lukas ne comprend pas pourquoi je pars. Naomi essayera quand même de changer mon avis, en me disant que je parle bien anglais et qu’elle pense que je pourrais me plaire ici. Non non je veux partir. Je finirai par etre reconduit dans la nuit à Calgary. Vu l’heure ils auront l’amabilité de me conduire directement à mon airbnb. Lieu qui deviendra ma tanière et mon cocon.

Ce n’est que 4 jours dans un voyage de 8 mois. Mais parfois le temps n’a pas le même impact niveau de la durée. Ce sont 4 jours extrêmement difficile ou j’ai tout remis en question. J’ai eu peur.

Bref, je pense que j’ai passé très probablement 4 jours dans ce qu’on appelle une secte… 

« Moi, j’ai dit bizarre… bizarre ? Comme c’est étrange… Pourquoi aurais-je dit bizarre… bizarre… — Je vous assure, que vous avez dit bizarre. — Moi, j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre… » 

  • Les GSM sont toujours mis en haut parleur, tout le monde doit entendre ta conversation. Que je m’isole pour téléphoner ferait mauvais genre.
  • Dormi dans le froid sans salle de bain. Et lui dors dans une maison chauffée avec cuisine salle de bain et toilette. Sous prétexte « qu’il faut vivre dans la simplicité ».
  • Chaque membre de la communauté représente un membre de la famille. Je suis la « tante ».
  • « Ton corps est un temple tu dois le respecter ».
  • L’épisode de ce pauvre chat errant enfermé dans une cage…
  • On te rappellera que tout ce que tu fais tu le fais mal. Tu recommencera tout en boucle. Humiliation.
  • « Tu sais Spencer avant il était perdu, il prenait beaucoup de drogue maintenant depuis qu’il est ici il a tout arrêter et il va mieux. Barbara fumait beaucoup, maintenant elle a arrêter. Elle est la depuis 3 mois et elle fait du bon travail, c’est la plus forte pour le nettoyage des Lodge. (Quel qualité de nettoyer à merveille…)
  • Barbara me dira : « Tu sais dormir dans le froid on s’habitue ».
  • Lukas me demandera : « Pourquoi tu veux partir d’ici c’est un endroit parfait.
  • Manger par terre. Trop épicé. Avec les mains. Végétarien uniquement Mahendra choisi les produit on peut pas manger ce que l’on veux.
  • « Mes cours de philosophie et d’harmonie sont gratuit pour tout le monde. Personne ne dois donner de l’argent pour ça c’est interdit. »
  • Il faut poser des questions. Mais on détournera les réponses.
  • Chacun doit avoir la même vision du bonheur.
  • Mahendra se considère comme un professeur. Il donne cours matin, midi et soir.
  • Mahendra est le seul a décider de qui fait quoi et qui dors où.
  • Il a déjà créé trois communautés du genre en Inde avec plus de 20 familles. Son but est de faire pareil au Canada. Valeur spirituelle, bien être, nouvelle éducation, nouvelle alimentation. Il dit qu’il est la pour commencer la communauté Spencer prendra en charge la communauté quand lui partira pour en créer une autre ailleurs.
  • Au Canada, c’est la liberté de tout les cultes. Philosophie ou dérive sectaire ?
  • Les gens sont trop heureux pour être honnête. Un jour Barbara vas renverser son café brûlant sur elle. Et vas être prise d’un fou rire pendant un demi heure.
  • Je vais vite comprendre que le Canada est un lieu idéal pour les « communautés spirituelles » car il y a des grandes étendue vide et sans personne on ne peut pas tout contrôler. Ajouté à ça la liberté du culte c’est parfait.
  • Chaque cours matin midi et soir. Je vais entendre les mêmes choses répétées en boucle. Les gens de la communauté récite ça par coeur tous en même temps.
  • Le mot communauté est beaucoup utilisé en anglais, et normalement pas pour quelque chose de péjoratif. Le mot est aussi beaucoup utilisé en français au Québec. Moi ce mot… Je peux plus l’entendre… Ma Belgitude l’entendra toujours comme du communautarisme.

J’ai l’envie de finir ce texte par quelque chose de positif. Un moment qui m’aura fait sourire dans cet endroit pleins de mauvaise onde… Un homme vas me demander en anglais où est Naomi. Parlant pas bien anglais je vais le conduire jusqu’à Mahendra pour qu’ils se parlent. Pendant qu’on marche on aura une discussion qui m’aura bien fait rire (cette conversation se déroule au début en anglais) :

L’homme : « Ca fait combien de temps que tu as quitté l’Allemagne…. »

Moi : « Euh… je ne suis pas allemande, je suis belge… » (Je savais que j’avais un mauvais accent anglais… Mais je ne pensais pas avoir un accent allemand sur mon anglais…)

L’homme (perplexe) : « Vous parlez quelle langue en Belgique ??? Wallonia ???

Moi : « non français… »

L’homme : « Ahhhhhh biiiinnnn voyons dooooonnn  tuuu parles tuuuu donnnnc francaiiiis….Moi j’suis quebecois… »

Je rencontrerai le Québec partout au Canada… Le Canada, le pire pays pour essayer d’apprendre l’anglais, toujours quelqu’un avec qui discuter en français…

 

Day 125 au jour 154 : En Saskatchewan, « de Saskatoon à Battlefort … Du Quebec au Grandes plaines… » Un petit peu d’Ukraine au Canada…

« Land of Living Skies »

« Mais qu’es ce que tu vas faire en Saskatchewan, c’est les grandes plaines, y a personne et rien à voir… »

 

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De Saskatoon à Battleford… Saskatchewan, me voilà Rhea m’attend avec une petite pancarte en carton à la main, marquée « Zohra », impossible de la rater. Elle s’est levée à l’aube pour venir m’accueillir à Saskatoon. Elle me fait visiter son village et le petit marché, je rencontre des Amish Allemand, c’est surréaliste je suis fatiguée mais visiblement c’est réel. Je ne pensais pas faire trois jours de bus pour rencontrer des Allemands au milieu du Canada. Rhea parle français, après trois jours de bus à parler (baragouiner) anglais, pouvoir entredre et parler dans ma langue maternelle, c’est apaisant… Elle parle vraiment beaucoup, elle me raconte toute l’histoire de Battleford. On est enfin arrivé à ce qui vas être ma maison pour un mois, je suis épuisée. Elle me montre ma chambre. Je peux enfin posé mon énorme backpack. La chambre est immense, tellement grande que j’en viens demander « où est-ce que je peux prendre une douche… » « Ah j’ai une salle de bain dans ma chambre… » « Merci… » Waw… Leur maison est gigantesque, une dirait un immense gâteau au chocolat et à la crème ou,  d’un point de vue plus rationnel, un château. Dans les grandes pleines, forcement on la voit de loin, peu de maison sont aussi énorme. Neil, son mari construit des « cabane ». C’est lui qui à construit celle là, il me confiras « plus jamais un projet pareil trop grand, trop fou,… Mais qu’es ce qu’on ferais pas pour sa femme ». Je vais le suivre un jour à son travail, tant il a insisté pour que je l’accompagne. Son équipe est petite et ce ne sont que des canadiens (juste un turque s’est perdu là). Visiblement, l’immigration travail pas dans le bâtiment ici.  Rhea est toute contente de m’avoir. Elle me présente à tout le monde comme « sa fille temporaire ». Elle a beaucoup eu de jeunes filles au pair anciennement, mais je suis sa première Wwoofeuse. Elle m’a dit qu’elle a fait du wwoofing avec sa fille quand elle était petite, et qu’elle en garde des merveilleux souvenirs. Elle vas souvent me raconté des épisodes de ses wwoofing au BC. Je vais m’occuper du potager. C’est la fin de la saison, il faut tout cueillir et tout déplanté. Patates, haricots, carottes, aneth, blé d’Inde… A Saskatchewan rien ne pousse vraiment, ou du moins, tout pousse mais tout petit. Ce n’est pas des arbres, mais des bonsaïs. Un jour elle me demande d’aller porter un seau d’eau à « l’arbre à cerise », je le cherche dans le potager, je ne vois rien. Confuse, je reviens la voir en disant que « je n’ai pas trouvé le cerisier. » « si si dans le coin au fond a droite, l’arbuste »… Ah oui, un cerisier d’un 1m50, je ne m’y attendais pas je dois dire, moi qui avait l’image du cerisier de mon jardin, c’est sur qu’on est pas dans la même échelle. Elle a ris « C’est un arbre de Saskatchewan, il finira par grandir, je fais ce que je peux ». La terre n’est pas très riche ici, elle ressemble à du sable brun. Des réfugiés syriens on été accueillis par le prêtre du village de North battelford (après avoir été jeter d’Europe). Les habitants sont ravies, les syriens on montés une petite communauté au centre du village, ils ont construit une « greenhouse », où il vendent des légumes. Ils ont des semences que les gens ne connaissent pas ici, les habitants sont ravis de découvrir de nouveaux légumes qui poussait pas avant en Saskatchewan. Je découvre un peuple qui aiment profondément l’immigration. Qui considère ça comme une richesse. On m’explique que le climat est très difficile dans cette province et qu’il faut alors ce soutenir. ,

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Je me souviens d’avoir du brosser (énormément) de patates pour les laver et enlever la terre pour le diner. Je me souviens que les patates était beaucoup trop petites, parfois moins d’un centimètre. Saskatchewan et sa pauvre agriculture, tout les légumes sont en format mini. On vas souvent me répéter la difficulté de la province. Son coté aride et ses hivers difficiles.
Rhea m’a fait rencontrer une de ses amies Fransaskoise (les francophones natif de Saskatchewan, ou ce doux mélange entre québécois et anglophone). On vas boire un thé ensemble, son amie me propose que j’aille faire un exposé sur mon voyage et parler de mon pays aux élèves qui participent  à son cours de français. Elle trouve interessant que les élèves puissent être confrontés à « mon accent belge » (pour ce qu’il en reste ou ce qu’il y en a eu). Me voila à parler de mon voyage et de mon parcours à des jeunes inconnus. Je vais avoir une surprise, quand je vais naïvement demander : « qui est belge ici ou d’origine belge. » Je pensais pas avoir des élèves qui lèveraient la main. J’ai découvert l’énorme immigration européenne du Canada. Et ce ne sera que le début. Saskatchewan est fortement allemande, ils y a quelques communautés amish. On vas m’expliquer que quand la guerre à éclater en Europe, les religieux persécutés on fuit l’Europe pour le Canada. D’où le faite que Saskatchewan est à 80% remplis de personnes croyantes (ça me fera tout drôle en comparaison avec le Québec qui a mis « la religion dehors »).  Je vais rencontrer que des canadiens d’origine européenne, ce que je n’aurais pas imaginé avant d’arriver. Faut dire je suis partie sans vraiment me renseigner sur l’histoire canadienne. Je n’avais pas pensée que les « vrais canadiens » était ceux qu’on appelle là-bas « les autochtones », « les premières nations ». Les parents de Rhea vont m’invitez à dormir chez eux à Saskatoon pour me faire visite leur ville. Ils vont m’emmener au musée du Far Ouest. Un truc un peu kitsch avec des maquettes et une reconstruction de village à taille humaine de l’époque. Je suis visiblement chez les cowboys. Mais ce musée m’apprendra beaucoup sur l’histoire de la province, le père de Rhea parle énormément, il me racontera pleins d’anecdotes sur sa ville. Je vais découvrir la magie des plaines. C’était un travail bien solitaire. Seule au potager, seule à la maison… Mais je suis heureuse d’avoir découvert Saskatchewan… Une des plus belle province, surtout au niveau des gens…
Je découvrirai que les paysages de l’Alberta sont digne de carte portable (je pense d’ailleurs que dans l’imaginaire collectif quand on pense au Canada, on a l’image des lacs turquoises de l’Alberta)… Malheureusement certains habitants, eux, me laisserons un goût amer.

 

Anecdotes Saskatchewanaises :

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Un couple d’anglophone : -« Quand on parle anglais, on a l accent québécois? » -« Non chérie, tu as juste l’accent pourri d’une anglophone essayant de parler français. »

Croisé une femme d’Alberta au find fond de Saskatchewan : -« Ah toi… tu es une francophone de Belgique visiblement !!!  » – « Oui je sais mon anglais demande encore quelques amélioration… »

J’ai raconté qu’en Belgique on dit que : -« si tu montes sur une chaise tu peux voir la mer. » Ce à quoi on m’a répondu qu’en Saskatchewan on dit : « Si tu as perdu ton chien attend et tu le verra pendant deux jours courir au loin. »

-« C’est ça la Belgique ? » -« Euh non non, ça c’est Pays-Bas, Belgique, Luxembourg ». -« Ah ouais ?! C’est vraiment petit en faite ».

-« Vous parlez quelle langue en Belgique? » -« Français, Néerlandais, Allemand ». -« Na, mais je veux dire, quelle langue est officielle dans ton pays » -« … Les trois… » -« Ah ouais quand même… » (vous vous en sortez pas avec deux langues dans un pays immense… Imaginez la Belgique 3 langues pour un territoire minuscule ». 

J’ai découvert qu’il pouvait neiger en septembre (et plusieurs fois même).

Que l’on fait du thé avec du basilic mauve (et que c’est vraiment très bon).

« Tu trouve pas que Nord Battleford ressemble à New York de nuit avec toutes ces lumières. »

-« Comment on dit Belge en anglais… Tu sais Canadien on dit Canadian ». -« Belgian… »

Jour 122 au jour 124 : Traversée du Canada d’Est en Ouest : De Québec à Saskatchewan :

Jour 122 : D’Est en Ouest :

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Cela partait d’une idée insensée… Traverser le Canada en bus d’Est en Ouest. De Montréal à Vancouver. On n’y est pas encore… Certes… Mais je me rapproche… Mais me voila partie pour trois jours de route de Montréal (Québec) à Saskatoon (Saskatchewan). Je vais traverser quatre provinces et deux heures décalages horaires. (6h de décalage avec la Belgique, c’était pas assez me voilà à 8h… Bientôt 9 h… Hello BC). C’est maintenant que la vrai aventure commence, je quitte ma zone de confort. Je me dépasse, je franchi encore des limites.  Montréal était devenu ma maison (comme Bruxelles, Liège, on s’adapte vite… On prend ses marques, on fait son nid, on creuse son terrier…) je m’y sentais comme chez moi, il n’y avait plus aucun challenge. C’était ma langue… Me voilà partie pour l’anglophone… Nouveau challenge : parler anglais (ouf… Y a du boulot là…). Vais-je comprendre les gens quand ils me parleront ? Vais-je m’en sortir en anglais ? Vais-je arriver à me faire comprendre ? … Pleins de questions tourne en boucle dans la tête. Dans le fond, je suis contente que mon expérience à Stoneham se soi mal passée, sinon je ne serais jamais partie du Québec, j’aurais jamais réellement pu découvrir la diversité canadienne. Je n’aurais pas réellement pu avoir un aperçu de ce pays dans sa globalité… Ni comprendre la différence entre les régions, les cultures, les mentalités, les paysages… Au revoir Québec, peut être à bientôt (tu me manques déjà, je l’avoue… Je suis tombée en amour de toi… Tu es si beau, ton peuple est si accueillant…). Juste une journée de repos et je reprend la route. J’ai tout juste le temps d’aller boire un verre avec Aurélie pour lui dire au revoir. Tout juste le temps de te dire au revoir Montréal… La journée est finie… Je ne l’ai pas vu passée…

Jour 123 : Un nouveau départ…

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Levée à 4h30 du matin, je pars de l’endroit d’où je suis arrivée à Montréal, où j’ai découvert le pays, où j’ai fais mes premiers pas. Au revoir Hochelaga… Quelle drôle de sensation, cet environnement qui m’est maintenant familier, cet appartement que j’ai connu à mon tout début (quels merveilleux gens vous êtes Melody et Alex, quelle chance d’avoir atterrit chez vous à mon arrivée…). Je m’apprête à tout quitter (encore une fois…) et pour de bon !

Le bus pour rejoindre la station Pie IX est à 5h30, après le métro et direction gare des bus. Départ prévenu à 7h… Mais on vas avoir du retard, ça commence mal, je m’inquiète… Ma correspondance à Ottawa est très courte, j’espère avoir le temps de changer… Au total 5 bus différents à prendre. Aujourd’hui c’est l’Ontario (Ottawa, Petawawa, North Bay, Sudbury, Sault-Sainte-Marie, White River, Nipigon, Thunder Bay, Dryden, Kenora). Mes premiers pas en Ontario vont être rude. Plus personne ne parle francais… Du moins plus personne ne veux me répondre en français. (Je connais si bien ça… Une impression de déjà vu. J’ai découvert le même soucis linguistique qu’en Belgique, la même gueguerre et encore une fois on me met au milieu). Je galère, j’essaye d’aligner mes mots en anglais, j’essaye de former des phrases, on s’énerve sur moi en français en anglais, je comprend rien, personne ne m’aide… Je ne comprend pas ce qu’on me demande, je comprend pas les questions qu’on me pose… Je dors dès que je peux, je suis épuisée, le bus est rempli, on s’arrête constamment, les lumières s’allument en pleine nuit. Je me rend compte que ce voyage vas être rude. Que les conditions du bus ne sont pas  vraiment optimale…

Jour 124 : Suite et fin :

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J’arrive au Manitoba, le bus s’est clairement vidé… (Winnipeg, Brandon, Dauphin)… Tout le monde à trouver étrange que je traverse le Canada en bus et j’ai vite compris pourquoi… Drôle de gens… Impossible de communiquer, on t’engueule pour rien… Manitoba, me voilà la seule étrangère francophone, parmi les canadiens et les autochtones. J’essaye de me fondre dans la masse. Arrivée à Winnipeg, on a un gros contrôle de sécurité, fouille, détecteur de métaux… Le premier réel contrôle d’ailleurs… Je demande pourquoi on me répond : « Winnipeg »… Ok… En Ontario, j’ai fais la rencontre de la seule fille qui a bien voulu discuter avec moi. On a le même âge, elle vient du New-Brunswick, elle est très gentille mais très étrange, elle se balade avec un petit sac à dos comme seule affaire et un sac avec une grande bible. Mais je reste près d’elle, car elle est gentille, puis je me sens seule et pas vraiment en sécurité… Je dors sur mon sac, que d’un œil, je n’ai pas confiance aux gens, je n’ai confiance en personne. J’arrive en Saskatchewan, dernière ligne droite, j’ai hâte… (Yorkton, Wynyard) enfin Saskatoon… Libération…

J’ai traversé le Canada en bus, oui je l’ai fait !