

« Révolte 2061 »
Sur des photographies de deux bâches monumentales de plusieurs mètres, j’affiche des portraits, des photos de manifestations et des photos des ZAD (« zones à défendre »). 2061 à l’envers en référence à la dystopie de George Orwell « 1984 » écrite en 1948. C’est ma vision de la dystopie sous l’allure d’un documentaire photographique. Un monde où les soucis écologiques ont pris de l’ampleur et où la colère gronde. Ce sont des photos prises durant des manifestations à Bruxelles (contre un gouvernement un peu trop à droite, les Anonymous, contre le TTIP-CETA, contre la violence policière…). C’est aussi la représentation des caméras que je photographie dans l’espace public : la surveillance, l’obéissance des citoyens. Ce sont ces caméras que je mets en parallèle avec ce groupement de lumières de chantiers que je croise sur le territoire du port d’Anvers. Plusieurs panneaux indiquent par ailleurs qu’il est interdit de rester là, de « zoner ». Comme si l’environnement donnait envie de s’installer pour faire un pique-nique…
Une ZAD, c’est quoi ? C’est une zone à défendre, un combat politique ou social, avant tout citoyen, pour l’écologie et contre des projets d’industrialisation qui mettraient à mal l’écosystème environnemental. C’est l’occupation d’un territoire avec souvent un projet écologique. Les militants occupant une ZAD sont surnommés les « zadistes ». Végétaliser la ville et le militantisme écologique.
La photographie est souvent interdite dans ces territoires, plus particulièrement les photographies de portraits. C’est d’ailleurs mentionné par un logo de caméra barrée ou parfois même de manière plus extrême par une caméra à l’état de ruine à l’entrée de la zone et des cabanes. Apprivoiser ces anticapitalistes, faire patte blanche et s’intégrer à leur communauté est compliqué quand le photographe est souvent associé à l’image de l’autorité et du contrôle. J’ai malgré tout eu l’occasion de les rencontrer et, avec leur autorisation, de photographier une de leurs cabanes, que ces militants ont eu l’occasion de construire avec des matériaux de récupération. Il y a aussi cette route ciselée par les tracteurs.
(2015-2016, Photographie, TFE, ESA Saint-Luc Liège)