Day 214 au jour 202 : Comox/K’omoks : « Rêve ta vie en couleur, c’est le secret du bonheur… »

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Départ de Victoria prévu à 11h en covoiturage (Je test un nouveau site de covoiturage, « Poparide » j’aurais décidément balayer toutes les alternatives de moyen de locomotion du pays). La covoitureuse vient me chercher à mon workaway que demander de plus. Les pancakes à peine englouti, je dis au revoir à la famille. Les adieux sont étranges, mais je le savais, après tout ce bénévolat était « étrange ». Heureusement ma covoitureuse ne tarde pas à arriver, pile à l’heure, elle est toute suite très souriante et très gentille, elle m’aide à porter mes bagages, sa voiture est toute petite (je n’ai pas l’habitude au Canada) je suis gênée, elle me dit de poser mes bagages sur la plage arrière pour l’instant, elle me dis qu’on attend deux autres personnes, mais qu’on trouvera une place pour mes bagages, qu’il n’y pas de soucis.  Elle ne sait pas ce servir de son cellulaire, elle me le pose dans les mains sans vraiment que je demande quoi que ce soit et me demande de l’aider… Je n’ai pas le mot de passe du wifi d’où je suis, impossible de ce connecter à internet, je lui dis daller demande à la famille. Sarah se sort de la voiture, tout guillerette elle toque a la porte, elle ouvre. Renée refuse de donner le mot de passe wifi prétextant qu’elle sort bientôt avec les enfants… Elle lui donne l’adresse d’un café ou y a du wifi dans le coin. La Covoit est un peu choquée elle me demande « Elle était gentille avec toi ? Elle n’a pas l’air très gentille en tout cas »… Je bredouille, je ne sais pas trop quoi répondre, mon trop pleins de politesse, j’aurais bien répondu « Yes, I know… » à la place je dis… « Tu sais… Elle n’était pas la quand j’ai travaillé ici, donc je ne sais pas trop »… Elle a pas l’air de trouver ma réponse crédible. Mais elle acquiesce. Bien sur, on ne trouve pas le café avec le wifi censé être proche. On vas donc au supermarché chercher du wifi comme j’avais pris l’habitude de faire pour être seule, loin du bruit et pas me sentir écoutée. Son cellulaire d’un autre temps est capricieux, impossible de le faire fonctionner. Sarah abandonne et me dit.. « Tu sais quoi ? T’es là, c’est le principal, ils avaient qu’a être à l’heure au rendez-vous, je ne fais pas du covoiturage pour l’argent, alors partons !« 

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S’en suis un grand dialogue, elle parle beaucoup, et me pose pleins de questions, me demande d’où je viens. « Belgiummmmm, je spreekt Nederlands!!! … » Sarah est canadienne, ses parents sont originaire des Pays-Bas… S’en suis un monologue en Néerlandais avec un accent parfait que je peine à comprendre… Il y a décidément beaucoup de Néerlandais ici… Je ne pensais pas redécouvrir cette honte ici au Canada, de ne pas savoir parler Néerlandais. « Sorry, I’m french native speaker… ». Elle me demande ce que j ai fait à Victoria, je lui explique. Elle me regarde un peu abasourdi… « ah ils avaient de la chance de t avoir ! c’est le bon plan encore mieux qu’une babysitter. Et ils t’ont a porté de main gratuitement quand ils veulent, tu sais normalement ça se paye ça, c’est un travail (son mari me dira la même chose sans qu’ils se concertent « c’est un travail, ça se paye »… « I know, I know, I know… »); elle me demande si j’ai le temps cet après-midi. Si durant le voyage on pouvait faire des pauses pour admirer les beaux paysages. Je dis que j’ai juste donner rendez-vous à mon prochain workaway à 14h, si je la prévenais de mon retard j’étais correct… (N’ayant toujours pas de numéro canadien, et plus de numéro belge, la communication est toujours rude). S’en suis une aventure covoiturage exceptionnelle. Elle s’arrête à de magnifique point de vue, elle me répète en boucle : « You are my guest today! »

On s’arrête dans une petite ville, toute mignonne dont j’ai malheureusement oublié le nom, elle ressemblait fortement à Jasper en Alberta. « tu es végétarienne, moi aussi c’est parfait, je t’offre le lunch »… Ok merci, je ne sais comment réagir, j’en demandais pas tant… « Donne moi le numéro de ton bénévolat, je l’appelle pour lui dire que c’est ma faute si t’es en retard et lui demander l’adresse pour te déposer directement chez elle. » On discute de tout et de rien, Sarah a beaucoup voyager et a fait des bénévolats un peu partout dans le monde. Politiquement très engagé, elle me désigne du doigt un panneau sur le bord de la route « Tu vois la pancarte où il y a marqué Yes en rouge… Moi, qu’il l’ai faite… Fais gaffe t’es en voiture avec une délinquante » Elle me regarde tout fière avec un grand sourire. S’en suit une discussion sur la politique canadienne, elle m’explique le fonctionnement et me dis qu’il y a un vote bientôt ici en Colombie britannique pour changer le système, que pour ça, elle essaye de réveiller les gens à voter car bien sur ce n’est pas obligatoire ici. Elle rigole et m’explique que y a quelques jours un policier est venu cogner à sa porte pour les panneaux où elle a collé Yes. Le policier n’a pas dit grand chose, elle a l’habitue, il la connaisse bien, juste une réplique, c’est plus de votre age madame voyons, je sais que vous savez que c’est interdit de transformer des panneaux existent… Essayer d’arrêter ça ». L’expérience devient surréaliste, je viens de passé 1 mois dans une famille qui me dit à peine au revoir et merci. Et me voila avec une femme qui me connaît à peine, mais qui a décidée de tout m’offrir. J’ai donc fait en 5h en trajet prévu en 3h, mais j’ai bien profité des superbes vue de la route. Je pense avoir vraiment découvert Vancouver Island cet après midi là. Elle m’a d’ailleurs expliquer l’histoire de l’île. « Regarde les aigles sur les arbres, tu les vois ??? » Avant de m’emmener à mon bénévolat, elle à absolument voulu me faire voir chez elle, « Je ne te dis pas où j’habite, tu vas devoir deviner.. » On arrive devant une maison avec un grand panneau « GO VOTE » effectivement… Comment ne pas s’en douté. « comme ça tu sais ou j’habite, tu peux venir quand tu veux » . Elle me présente à son mari et son fils. Elle m’offre un thé et un gâteau avant de me conduire à mon workaway…

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Et me voila parti pour une nouvelle expérience (que j’espère meilleur que la précédente)… Sarah sonne à la porte, une petite dame le sourire jusqu’au oreille et les cheveux violet, nous ouvre. Derrière j’aperçois les enfants, ils ont les bouts des cheveux colorés (rose , bleu…). Je ne savais pas du tout où j’allais arriver, le profil workaway est assez sommaire juste 2 photos pas très représentative, et un descriptif très vague. J’arrive dans une maison à l’image de ses occupants, avec des murs de toutes les couleurs… Je comprends mieux maintenant qu’elle m’ai proposé de faire de la peinture…

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 » Rêve ta vie en couleur, c’est le secret du bonheur ».

« A quelle heure les enfants se lève, A quelle heure veux-tu que je me lève demain ? » « Ah non, tu te lèves quand tu veux je ne veux pas que tu aies l’impression de travailler toute la journée. » Premier jour j’émerge à 8h, quel bonheur ! (Oui, je n’aurais pas toujours dis ça, mais j’ai passé un mois à me réveillée à 7h du matin voir 6h quand Arya avait décidé d’improviser un concerto matinal, 8h c’est presque une grasse matinée pour moi maintenant.) Les enfants sont autonomes et s’entraide entre eux. Je ne dois pas m’en occupé. Je dois juste m’occuper des lectures de la plus petite, Millie, le soir elle doit me lire quelques pages de son livre. J’ai pour projet principal de peintre les murs des toilettes (dis comme ça, ça n’a pas l’air d’être le fun, elle m’a d’ailleurs charrier : « merci de venir au Canada pour peindre les murs de nos toilettes »). Le projet est un peu plus amusant que ça, j’dois peindre des montagnes, le projet de faire une « bathroom » sur la thématique de Calvin&Hobbes, le sol sera recouvert de planche de bd en noir et blanc. Pour l’instant, je m’occupe de la peinture des murs et du miroir…(« peingnons le miroir en rouge… »). Les podcasts de France culture dans les oreilles, me voila un pinceau dans une main, un rouleau dans l’autre… Enfin dans mon élément! Au moindre rayon de soleil, Vivian me pousse à sortir « vas te balader, vas voir l’océan ». Je dois dire que Comox est un village adorable. Pas très grand c’est sur, mais tout y est. J’ai d’ailleurs eu le malheur de poser la question de : « où se trouve le supermarché » quand elle m’a demandé de faire des courses… Elle a sourit immédiatement et a commencé à pouffer de rire : « je ne pense pas avoir besoin de te le dire… Tu ne vas pas le rater »… Ah oui en effet y a que un supermarché et une seule rue commerçante, c’est difficile de se perdre. Je m’étais « habituée » (c’est un bien grand mot) à la démesure canadienne. Au pleins milieu de la « ville » je croise des biches (c’est la spécificité de Vancouver Island), elles regardent et me toisent « tu n’as pas de nourriture??? Bonjour l’humain inutile ». Moi qui les regarde fasciner comme une enfant…

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Dans les visions (divagation?!) de l’image de la Belgique au Canada. Vivian et son cousin étaient persuadés que la Belgique était un pays très montagneux… Les voilà en train de se dévisager l’un l’autre : « ah oui toi aussi tu pensais que c’était montagneux ??? » « Non non ce n’est pas la Suisse, la Belgique c’est la Saskatchewan de l’européenne, je m’excuse. »

A Comox, la vie est dure, certains habitants se plaignent d’être réveillé par le bruit des baleines. Ca m’a fait beaucoup rire, d’autres vivent en ville dans le capharnaüm des sirènes de police et des ambulances. Pi eux autres ne savent pas dormir la nuit à cause des chants des baleines. Chienne de vie.

Vivian m’a emmenée à un forum pour les immigrés à Campbell River, elle me présente au intervenant qui sont là. L’un d’eux me regarde comme si je venais du bout du monde (Es ce un peu vrai à l’échelle du Canada?) « Oh tu parles français, c’est vraiment une langue beaucoup parlée en Europe hein » … Oui oui, le français n’est pas encore une langue morte au même titre que le latin… Aussi incroyable que ça puisse paraître, l’anglais n’est pas l’unique langue universelle mondiale intergalactique (espéranto ?). Oh que oui, je suis médisant, mais je commence à comprendre le conflit linguistique canadien. Je suis malgré moi inclus dedans étant francophone.

J’aurais découvert le moonlight ou un autre nom pour le blackfriday… Cette horreur capitaliste ou les gens s’entasse dans les magasins pour 20% de réduction sur des choses qu’ils n’ont pas besoin, qui sera revendu sur Ebay ou mis à la poubelle dans 1 mois. La magie des fêtes de Noël.

Niveau climat on peut dire que je retrouve la Belgique, ce ciel gris déprimant et cette pluie incessante… Il drache!

Maintenant c’est clair l’océan a plus de classe que la mer du nord.

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