Day 215 to day 244 : « Victoria, me voilà Victorienne. Océan, île et sac à dos… »

Vivian me dépose au bus. Je vois un petit local perdu dans un énorme centre industriel, il y a marqué « Greyhound et Tofinobus »… Oh Greyhound, tu ne me manques pas maudite compagnie. Dans le petit épisode risible de l’absurdité canadienne. Greyhound (qui est quasi, pour pas dire la seule compagnie de bus à travers tous le Canada) a arrêté tous ses services du jour au lendemain dans l’ouest canadien. Si vous vous demandez encore quel est le problème de la privatisation…Vous l’avez sous les yeux. Essayez de voyager en transport en commun au Canada, vous comprendrez vite le soucis. Suppression de ligne de bus par manque de rentabilité. Prix excessif pour un service médiocre. Le bus arrive… Surprise, ça ou Greyhound, c’est pareil, le même vieux car avec lequel j’ai traversé le Canada, les mêmes types gens à l’intérieur… A croire qu’ils ont juste collé un stickers sur la carrosserie avec marqué Tofino bus… A un détail près, le prix est deux fois plus cher… Je me sens lésée…

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J’arrive à Victoria downtown à la gare des bus au beau milieu d’un petit groupe de manifestants. Sympa l’accueil. J’essaye de comprendre pour quel cause ils sont là… Aucune idée… Leurs pancartes me font sourire « Trudeau, Come on ». Pas le temps d’aller me pavaner avec eux. (Manifestation que j’ironise de gilets jaunes… Je comprendrais plus tard que s’en était réellement une.)  Mes sacs sont lourd. Direction l’auberge, je dois aller payer ma chambre avant 17h… Là aussi s’en suis toute une aventure, à croire que tout ce mérite ici bas. Ou alors c’est les épreuves du voyage voir à quel point je résite prendre un billet retour pour Bruxelles.  D’emblée, on me déconseille d’utiliser ma visa « c’est 20$ de taxe en plus… » Je ne sais pas d’où cette loi sort. Moi qui pensait la visa internationale. On me demande de payer par débit. Sur mes trois cartes de banque, toutes vont être refusée, taxe ou pas taxe. Ça commence bien. De fatigue, je fond en larme…  On me dit d’aller à la banque retirer l’argent. Je suis épuisée, le voyage en bus était rude, mes sacs sont beaucoup trop lourd pour moi. Je demande à la femme de l’accueil si je peux laisser mon sac près d’elle le temps d’aller à la banque… Même ça, tourne au casse tête « Non c’est interdit »… « Ok, ok, ça à le mérite d’être clair »… Bon… Je hisse mon sac a dos sur mes épaules. Direction la banque. Nouvelle surprise, montant refusé car trop élevé, j’ai donc du retirer des deux cartes… C’était donc bêtement ça le problème… Il suffisait juste de payer en deux fois… Maudite auberge. Retour. Chambre payée. Enfin les clefs en mains, je me précipite dans ma… chambre… Je suis épuisé… Je ne pensais pas que ce qu’il appelait petit c’était « si petit. » Autant ce pays est dans la démesure, autant quand il s’agit de profit et rentabilité, ils savent faire des petites chose… Ma chambre se résume à un lit et un frigo. La seule place au sol disponible correspond à l’espace pour ouvrir la porte… Rien que rentrer mon sac à dos dans la chambre, c’est un véritable challenge acrobatique… Bon je m’écrase. C’est un lieu où dormir et je ne dois plus travailler, c’est parfait !

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Ce n’aura pas vraiment été un séjour de tout repos comme je l’attendait. Je ne suis pas tombée sur l’auberge la plus calme du pays. L’alarme qui te réveil en sursaut à 8h du matin, tu frôles l’arrêt cardiaque. J’ai quand même eu la mésaventure une dizaine de fois en un mois… Mais, on fini par s’y faire. Heureusement qu’il n’y a jamais vraiment eu le feu sinon j’aurais brûler calmement dans mon lit… Je vais vite constater une belle problématique dans le beau monde de Vancouver Island et plus particulièrement Victoria. Les Loyers sont tellement cher que dans l’auberge, des Canadiens préfèrent vivre là. Le prix de l’immobilier est devenu tellement excessif que plus personne sait se payer un logement décent. Beaucoup de québécois vivent à Victoria et sur l’île de Vancouver en général, car le climat y est plus clément ici. Du moins faut vraiment aimer la pluie. Je pense que je préfère la neige à choisir, peut être trop habituer à la pluie… Mais c’est vrai il ne fait pas si froid… Même si pour moi… C’est pas pareil. Un soir, je discute avec des Canadiens dehors. L’un dis à l’autre : « fait quand même bon, on se croirait presque au printemps.. Pas besoin de veste ni d écharpe. » L’autre acquiesce. Effectivement ils sont tous en pull dehors. Je les regarde et je souris… « Ca dépend de quel pays tu viens, car moi là, j’ai une veste et une écharpe et je n’ai pas vraiment chaud ». La conception de la chaleur, c’est comme la question de la distance entre deux points. C’est relatif à ton lieu d’origine, ça je l’aurais bien vite compris.

Je vais vivre la douloureuse période des fêtes. Que faire à Noël quand on connaît personne dans une ville? Bon je vais aller à l’église, me suis-je dis. Je m’en vais chercher une bière pour « fêter » ça. Et là, la magie de Noël opère. C’est la que je rencontre « le Canada », qui rigole bien quand je leur dis que je compte aller voir la messe à l’église. « Es-tu croyante? » « Euh non pas vraiment juste… Je ne sais pas trop quoi faire d’autre en ce grand jour… ». Boire des bières et jouer au billard, oui c’est pas mal aussi. Durant ce moi de décembre je vais aussi avoir l’occasion d’aller à la patinoire. « Tu ne viens pas patiner, aller viens » Non, non, vous êtes gentil, l’hôpital coûte trop cher ici, je ne suis pas née avec des patins à la place des pieds moi. Quand même les enfants de 10 ans se débrouillent mieux sur la glace que toi. C’est aussi dans cet arena que je vais encore bien rire de la vision de la Belgique au Canada. Une des filles qui est là me dit qu’elle part en Belgique bientôt pour améliorer son français. Elle me dit qu’elle vas habiter avec des françaises à Bruxelles. Elle est contente : « Parce que vous, en Belgique vous avez un accent anglais bizarre sur le français non ?… » « Euh… En faite… On a trois langues pi… Oh non oublie ça, tu verras bien… » Je vais découvrir ce doux sport qu’es le hockey avec les matchs du championnat du monde junior du hockey sur glace. Toute fière de pouvoir étalée ma culture sportive qui n’a jamais été fort étoffé. Je leur dit que la Belgique a gagné la coupe du monde du hockey sur gazon récemment… A par les faire beaucoup rire « Na mais c’est pas vraiment du hockey ça… » 

Nouvel an sera moins l’fun. Je vais trouver personne et rien à faire vraiment en ce grand jour du passage en 2019. J’ai espéré un feu d’artifice qui ne m’est jamais apparu… On était pourtant nombreux à le chercher dans la ville « Do you know where the fireworks are? » Dommage. C’est compliqué de fêter nouvel an avec 9h de décalage horaire. Un coup de blues. Les Belges me souhaitent bonne année, il est 15h ici… Et moi il me reste encore 9 heures à attendre… Pourquoi je ne suis pas en Australie ce serait déjà passé et je dormirai… Laissez moi vivre dans le passé! Un jour comme un autre sur la planète terre, un jour spécial pour moi, une balade au bord de l’eau à regarder les animaux aquatiques s’amuser… Je pense qu’on ne se lasse jamais d’admirer l’océan…

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– « Vous avez l’océan vous aussi ? »

– « Non non la mer du nord c’est pas vraiment l’océan. » 

-« Là-bas, il y a une maison de lumière (lighthouse), ça fait du sens ? »

-« …Pas vraiment, mais je vois le concept, un phare… »