Day 246 to day 251 UK : « Le Retour en Europe. Retour (presque) au bercail . »

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Retour en Europe, un dernier bénévolat avant de rentrer…
J’arrive à Londres le 7 janvier… 8h de décalage horaire au lieu de 9h… On vas dire que c’est moins pire… On essaye d’y croire. Une transition en « douceur » entre le Canada et la Belgique. L’envie de ne pas directement rentrer m’as poussée à demander un Workaway à Wincanton, à environ 3h de Londres. Le bus est réservé, après avoir pris le bus au Canada, je pense que les transports ne peuvent plus m effrayer. Je suis prête. La seule chose qui m effraie, c’est cet énorme décalage horaire que je vais avoir… C’est le temps de dire au revoir au Canada. Dire au revoir à Victoria, belle et vilaine à la fois. C’est le temps de manger une dernière Poutine. Faire le plein de beurre d’érable. Refaire son sac pour la dernière fois ici… C’est le temps des adieux. Au revoir Canada, je t’ai autant aimé que détesté. Tu es pleins de contrariété. Mais je t’aime tu sais…

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On est le 3 janvier et dans 3 jours, je pars du Canada, cela fait 8 mois que je suis ici. L’excitation et la peur se mêle. C’est une page, une aventure qui se tourne. Une nouvelle histoire à écrire. Je vais voir Wincanton sur une carte… Je me dis que quand je disais aux gens « Oui c’est près de Londres »…. 3h de route à l’échelle de l’Angleterre on ne peut pas vraiment dire que c’est proche… A l’échelle du Canada c’est le village d’a coté. Ma notion des distances à changé à force de vivre dans un si grand pays. Belgique, comme tu vas me paraitre tout petite…

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On est le 5 janvier, je viens d’enregistrer mon billet d’avion et je pars demain… Du moins c’est ce qu’il est marqué sur mon billet. Cela fait maintenant 8 mois que je suis au Canada. Autant je ne réalisais pas en partant de Belgique, autant maintenant je ne réalise pas que je pars d’ici. 8 mois Canada. 8 mois à travers le pays. 8 mois dans la canicule et dans la neige. 8 mois de haut et de bas. 8 mois d’aventure tout simplement sur les routes du voyage. Mais… Tout ça continue…

Angleterre, j’arrive… 

Day 215 to day 244 : « Victoria, me voilà Victorienne. Océan, île et sac à dos… »

Vivian me dépose au bus. Je vois un petit local perdu dans un énorme centre industriel, il y a marqué « Greyhound et Tofinobus »… Oh Greyhound, tu ne me manques pas maudite compagnie. Dans le petit épisode risible de l’absurdité canadienne. Greyhound (qui est quasi, pour pas dire la seule compagnie de bus à travers tous le Canada) a arrêté tous ses services du jour au lendemain dans l’ouest canadien. Si vous vous demandez encore quel est le problème de la privatisation…Vous l’avez sous les yeux. Essayez de voyager en transport en commun au Canada, vous comprendrez vite le soucis. Suppression de ligne de bus par manque de rentabilité. Prix excessif pour un service médiocre. Le bus arrive… Surprise, ça ou Greyhound, c’est pareil, le même vieux car avec lequel j’ai traversé le Canada, les mêmes types gens à l’intérieur… A croire qu’ils ont juste collé un stickers sur la carrosserie avec marqué Tofino bus… A un détail près, le prix est deux fois plus cher… Je me sens lésée…

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J’arrive à Victoria downtown à la gare des bus au beau milieu d’un petit groupe de manifestants. Sympa l’accueil. J’essaye de comprendre pour quel cause ils sont là… Aucune idée… Leurs pancartes me font sourire « Trudeau, Come on ». Pas le temps d’aller me pavaner avec eux. (Manifestation que j’ironise de gilets jaunes… Je comprendrais plus tard que s’en était réellement une.)  Mes sacs sont lourd. Direction l’auberge, je dois aller payer ma chambre avant 17h… Là aussi s’en suis toute une aventure, à croire que tout ce mérite ici bas. Ou alors c’est les épreuves du voyage voir à quel point je résite prendre un billet retour pour Bruxelles.  D’emblée, on me déconseille d’utiliser ma visa « c’est 20$ de taxe en plus… » Je ne sais pas d’où cette loi sort. Moi qui pensait la visa internationale. On me demande de payer par débit. Sur mes trois cartes de banque, toutes vont être refusée, taxe ou pas taxe. Ça commence bien. De fatigue, je fond en larme…  On me dit d’aller à la banque retirer l’argent. Je suis épuisée, le voyage en bus était rude, mes sacs sont beaucoup trop lourd pour moi. Je demande à la femme de l’accueil si je peux laisser mon sac près d’elle le temps d’aller à la banque… Même ça, tourne au casse tête « Non c’est interdit »… « Ok, ok, ça à le mérite d’être clair »… Bon… Je hisse mon sac a dos sur mes épaules. Direction la banque. Nouvelle surprise, montant refusé car trop élevé, j’ai donc du retirer des deux cartes… C’était donc bêtement ça le problème… Il suffisait juste de payer en deux fois… Maudite auberge. Retour. Chambre payée. Enfin les clefs en mains, je me précipite dans ma… chambre… Je suis épuisé… Je ne pensais pas que ce qu’il appelait petit c’était « si petit. » Autant ce pays est dans la démesure, autant quand il s’agit de profit et rentabilité, ils savent faire des petites chose… Ma chambre se résume à un lit et un frigo. La seule place au sol disponible correspond à l’espace pour ouvrir la porte… Rien que rentrer mon sac à dos dans la chambre, c’est un véritable challenge acrobatique… Bon je m’écrase. C’est un lieu où dormir et je ne dois plus travailler, c’est parfait !

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Ce n’aura pas vraiment été un séjour de tout repos comme je l’attendait. Je ne suis pas tombée sur l’auberge la plus calme du pays. L’alarme qui te réveil en sursaut à 8h du matin, tu frôles l’arrêt cardiaque. J’ai quand même eu la mésaventure une dizaine de fois en un mois… Mais, on fini par s’y faire. Heureusement qu’il n’y a jamais vraiment eu le feu sinon j’aurais brûler calmement dans mon lit… Je vais vite constater une belle problématique dans le beau monde de Vancouver Island et plus particulièrement Victoria. Les Loyers sont tellement cher que dans l’auberge, des Canadiens préfèrent vivre là. Le prix de l’immobilier est devenu tellement excessif que plus personne sait se payer un logement décent. Beaucoup de québécois vivent à Victoria et sur l’île de Vancouver en général, car le climat y est plus clément ici. Du moins faut vraiment aimer la pluie. Je pense que je préfère la neige à choisir, peut être trop habituer à la pluie… Mais c’est vrai il ne fait pas si froid… Même si pour moi… C’est pas pareil. Un soir, je discute avec des Canadiens dehors. L’un dis à l’autre : « fait quand même bon, on se croirait presque au printemps.. Pas besoin de veste ni d écharpe. » L’autre acquiesce. Effectivement ils sont tous en pull dehors. Je les regarde et je souris… « Ca dépend de quel pays tu viens, car moi là, j’ai une veste et une écharpe et je n’ai pas vraiment chaud ». La conception de la chaleur, c’est comme la question de la distance entre deux points. C’est relatif à ton lieu d’origine, ça je l’aurais bien vite compris.

Je vais vivre la douloureuse période des fêtes. Que faire à Noël quand on connaît personne dans une ville? Bon je vais aller à l’église, me suis-je dis. Je m’en vais chercher une bière pour « fêter » ça. Et là, la magie de Noël opère. C’est la que je rencontre « le Canada », qui rigole bien quand je leur dis que je compte aller voir la messe à l’église. « Es-tu croyante? » « Euh non pas vraiment juste… Je ne sais pas trop quoi faire d’autre en ce grand jour… ». Boire des bières et jouer au billard, oui c’est pas mal aussi. Durant ce moi de décembre je vais aussi avoir l’occasion d’aller à la patinoire. « Tu ne viens pas patiner, aller viens » Non, non, vous êtes gentil, l’hôpital coûte trop cher ici, je ne suis pas née avec des patins à la place des pieds moi. Quand même les enfants de 10 ans se débrouillent mieux sur la glace que toi. C’est aussi dans cet arena que je vais encore bien rire de la vision de la Belgique au Canada. Une des filles qui est là me dit qu’elle part en Belgique bientôt pour améliorer son français. Elle me dit qu’elle vas habiter avec des françaises à Bruxelles. Elle est contente : « Parce que vous, en Belgique vous avez un accent anglais bizarre sur le français non ?… » « Euh… En faite… On a trois langues pi… Oh non oublie ça, tu verras bien… » Je vais découvrir ce doux sport qu’es le hockey avec les matchs du championnat du monde junior du hockey sur glace. Toute fière de pouvoir étalée ma culture sportive qui n’a jamais été fort étoffé. Je leur dit que la Belgique a gagné la coupe du monde du hockey sur gazon récemment… A par les faire beaucoup rire « Na mais c’est pas vraiment du hockey ça… » 

Nouvel an sera moins l’fun. Je vais trouver personne et rien à faire vraiment en ce grand jour du passage en 2019. J’ai espéré un feu d’artifice qui ne m’est jamais apparu… On était pourtant nombreux à le chercher dans la ville « Do you know where the fireworks are? » Dommage. C’est compliqué de fêter nouvel an avec 9h de décalage horaire. Un coup de blues. Les Belges me souhaitent bonne année, il est 15h ici… Et moi il me reste encore 9 heures à attendre… Pourquoi je ne suis pas en Australie ce serait déjà passé et je dormirai… Laissez moi vivre dans le passé! Un jour comme un autre sur la planète terre, un jour spécial pour moi, une balade au bord de l’eau à regarder les animaux aquatiques s’amuser… Je pense qu’on ne se lasse jamais d’admirer l’océan…

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– « Vous avez l’océan vous aussi ? »

– « Non non la mer du nord c’est pas vraiment l’océan. » 

-« Là-bas, il y a une maison de lumière (lighthouse), ça fait du sens ? »

-« …Pas vraiment, mais je vois le concept, un phare… » 

Day 214 au jour 202 : Comox/K’omoks : « Rêve ta vie en couleur, c’est le secret du bonheur… »

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Départ de Victoria prévu à 11h en covoiturage (Je test un nouveau site de covoiturage, « Poparide » j’aurais décidément balayer toutes les alternatives de moyen de locomotion du pays). La covoitureuse vient me chercher à mon workaway que demander de plus. Les pancakes à peine englouti, je dis au revoir à la famille. Les adieux sont étranges, mais je le savais, après tout ce bénévolat était « étrange ». Heureusement ma covoitureuse ne tarde pas à arriver, pile à l’heure, elle est toute suite très souriante et très gentille, elle m’aide à porter mes bagages, sa voiture est toute petite (je n’ai pas l’habitude au Canada) je suis gênée, elle me dit de poser mes bagages sur la plage arrière pour l’instant, elle me dis qu’on attend deux autres personnes, mais qu’on trouvera une place pour mes bagages, qu’il n’y pas de soucis.  Elle ne sait pas ce servir de son cellulaire, elle me le pose dans les mains sans vraiment que je demande quoi que ce soit et me demande de l’aider… Je n’ai pas le mot de passe du wifi d’où je suis, impossible de ce connecter à internet, je lui dis daller demande à la famille. Sarah se sort de la voiture, tout guillerette elle toque a la porte, elle ouvre. Renée refuse de donner le mot de passe wifi prétextant qu’elle sort bientôt avec les enfants… Elle lui donne l’adresse d’un café ou y a du wifi dans le coin. La Covoit est un peu choquée elle me demande « Elle était gentille avec toi ? Elle n’a pas l’air très gentille en tout cas »… Je bredouille, je ne sais pas trop quoi répondre, mon trop pleins de politesse, j’aurais bien répondu « Yes, I know… » à la place je dis… « Tu sais… Elle n’était pas la quand j’ai travaillé ici, donc je ne sais pas trop »… Elle a pas l’air de trouver ma réponse crédible. Mais elle acquiesce. Bien sur, on ne trouve pas le café avec le wifi censé être proche. On vas donc au supermarché chercher du wifi comme j’avais pris l’habitude de faire pour être seule, loin du bruit et pas me sentir écoutée. Son cellulaire d’un autre temps est capricieux, impossible de le faire fonctionner. Sarah abandonne et me dit.. « Tu sais quoi ? T’es là, c’est le principal, ils avaient qu’a être à l’heure au rendez-vous, je ne fais pas du covoiturage pour l’argent, alors partons !« 

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S’en suis un grand dialogue, elle parle beaucoup, et me pose pleins de questions, me demande d’où je viens. « Belgiummmmm, je spreekt Nederlands!!! … » Sarah est canadienne, ses parents sont originaire des Pays-Bas… S’en suis un monologue en Néerlandais avec un accent parfait que je peine à comprendre… Il y a décidément beaucoup de Néerlandais ici… Je ne pensais pas redécouvrir cette honte ici au Canada, de ne pas savoir parler Néerlandais. « Sorry, I’m french native speaker… ». Elle me demande ce que j ai fait à Victoria, je lui explique. Elle me regarde un peu abasourdi… « ah ils avaient de la chance de t avoir ! c’est le bon plan encore mieux qu’une babysitter. Et ils t’ont a porté de main gratuitement quand ils veulent, tu sais normalement ça se paye ça, c’est un travail (son mari me dira la même chose sans qu’ils se concertent « c’est un travail, ça se paye »… « I know, I know, I know… »); elle me demande si j’ai le temps cet après-midi. Si durant le voyage on pouvait faire des pauses pour admirer les beaux paysages. Je dis que j’ai juste donner rendez-vous à mon prochain workaway à 14h, si je la prévenais de mon retard j’étais correct… (N’ayant toujours pas de numéro canadien, et plus de numéro belge, la communication est toujours rude). S’en suis une aventure covoiturage exceptionnelle. Elle s’arrête à de magnifique point de vue, elle me répète en boucle : « You are my guest today! »

On s’arrête dans une petite ville, toute mignonne dont j’ai malheureusement oublié le nom, elle ressemblait fortement à Jasper en Alberta. « tu es végétarienne, moi aussi c’est parfait, je t’offre le lunch »… Ok merci, je ne sais comment réagir, j’en demandais pas tant… « Donne moi le numéro de ton bénévolat, je l’appelle pour lui dire que c’est ma faute si t’es en retard et lui demander l’adresse pour te déposer directement chez elle. » On discute de tout et de rien, Sarah a beaucoup voyager et a fait des bénévolats un peu partout dans le monde. Politiquement très engagé, elle me désigne du doigt un panneau sur le bord de la route « Tu vois la pancarte où il y a marqué Yes en rouge… Moi, qu’il l’ai faite… Fais gaffe t’es en voiture avec une délinquante » Elle me regarde tout fière avec un grand sourire. S’en suit une discussion sur la politique canadienne, elle m’explique le fonctionnement et me dis qu’il y a un vote bientôt ici en Colombie britannique pour changer le système, que pour ça, elle essaye de réveiller les gens à voter car bien sur ce n’est pas obligatoire ici. Elle rigole et m’explique que y a quelques jours un policier est venu cogner à sa porte pour les panneaux où elle a collé Yes. Le policier n’a pas dit grand chose, elle a l’habitue, il la connaisse bien, juste une réplique, c’est plus de votre age madame voyons, je sais que vous savez que c’est interdit de transformer des panneaux existent… Essayer d’arrêter ça ». L’expérience devient surréaliste, je viens de passé 1 mois dans une famille qui me dit à peine au revoir et merci. Et me voila avec une femme qui me connaît à peine, mais qui a décidée de tout m’offrir. J’ai donc fait en 5h en trajet prévu en 3h, mais j’ai bien profité des superbes vue de la route. Je pense avoir vraiment découvert Vancouver Island cet après midi là. Elle m’a d’ailleurs expliquer l’histoire de l’île. « Regarde les aigles sur les arbres, tu les vois ??? » Avant de m’emmener à mon bénévolat, elle à absolument voulu me faire voir chez elle, « Je ne te dis pas où j’habite, tu vas devoir deviner.. » On arrive devant une maison avec un grand panneau « GO VOTE » effectivement… Comment ne pas s’en douté. « comme ça tu sais ou j’habite, tu peux venir quand tu veux » . Elle me présente à son mari et son fils. Elle m’offre un thé et un gâteau avant de me conduire à mon workaway…

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Et me voila parti pour une nouvelle expérience (que j’espère meilleur que la précédente)… Sarah sonne à la porte, une petite dame le sourire jusqu’au oreille et les cheveux violet, nous ouvre. Derrière j’aperçois les enfants, ils ont les bouts des cheveux colorés (rose , bleu…). Je ne savais pas du tout où j’allais arriver, le profil workaway est assez sommaire juste 2 photos pas très représentative, et un descriptif très vague. J’arrive dans une maison à l’image de ses occupants, avec des murs de toutes les couleurs… Je comprends mieux maintenant qu’elle m’ai proposé de faire de la peinture…

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 » Rêve ta vie en couleur, c’est le secret du bonheur ».

« A quelle heure les enfants se lève, A quelle heure veux-tu que je me lève demain ? » « Ah non, tu te lèves quand tu veux je ne veux pas que tu aies l’impression de travailler toute la journée. » Premier jour j’émerge à 8h, quel bonheur ! (Oui, je n’aurais pas toujours dis ça, mais j’ai passé un mois à me réveillée à 7h du matin voir 6h quand Arya avait décidé d’improviser un concerto matinal, 8h c’est presque une grasse matinée pour moi maintenant.) Les enfants sont autonomes et s’entraide entre eux. Je ne dois pas m’en occupé. Je dois juste m’occuper des lectures de la plus petite, Millie, le soir elle doit me lire quelques pages de son livre. J’ai pour projet principal de peintre les murs des toilettes (dis comme ça, ça n’a pas l’air d’être le fun, elle m’a d’ailleurs charrier : « merci de venir au Canada pour peindre les murs de nos toilettes »). Le projet est un peu plus amusant que ça, j’dois peindre des montagnes, le projet de faire une « bathroom » sur la thématique de Calvin&Hobbes, le sol sera recouvert de planche de bd en noir et blanc. Pour l’instant, je m’occupe de la peinture des murs et du miroir…(« peingnons le miroir en rouge… »). Les podcasts de France culture dans les oreilles, me voila un pinceau dans une main, un rouleau dans l’autre… Enfin dans mon élément! Au moindre rayon de soleil, Vivian me pousse à sortir « vas te balader, vas voir l’océan ». Je dois dire que Comox est un village adorable. Pas très grand c’est sur, mais tout y est. J’ai d’ailleurs eu le malheur de poser la question de : « où se trouve le supermarché » quand elle m’a demandé de faire des courses… Elle a sourit immédiatement et a commencé à pouffer de rire : « je ne pense pas avoir besoin de te le dire… Tu ne vas pas le rater »… Ah oui en effet y a que un supermarché et une seule rue commerçante, c’est difficile de se perdre. Je m’étais « habituée » (c’est un bien grand mot) à la démesure canadienne. Au pleins milieu de la « ville » je croise des biches (c’est la spécificité de Vancouver Island), elles regardent et me toisent « tu n’as pas de nourriture??? Bonjour l’humain inutile ». Moi qui les regarde fasciner comme une enfant…

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Dans les visions (divagation?!) de l’image de la Belgique au Canada. Vivian et son cousin étaient persuadés que la Belgique était un pays très montagneux… Les voilà en train de se dévisager l’un l’autre : « ah oui toi aussi tu pensais que c’était montagneux ??? » « Non non ce n’est pas la Suisse, la Belgique c’est la Saskatchewan de l’européenne, je m’excuse. »

A Comox, la vie est dure, certains habitants se plaignent d’être réveillé par le bruit des baleines. Ca m’a fait beaucoup rire, d’autres vivent en ville dans le capharnaüm des sirènes de police et des ambulances. Pi eux autres ne savent pas dormir la nuit à cause des chants des baleines. Chienne de vie.

Vivian m’a emmenée à un forum pour les immigrés à Campbell River, elle me présente au intervenant qui sont là. L’un d’eux me regarde comme si je venais du bout du monde (Es ce un peu vrai à l’échelle du Canada?) « Oh tu parles français, c’est vraiment une langue beaucoup parlée en Europe hein » … Oui oui, le français n’est pas encore une langue morte au même titre que le latin… Aussi incroyable que ça puisse paraître, l’anglais n’est pas l’unique langue universelle mondiale intergalactique (espéranto ?). Oh que oui, je suis médisant, mais je commence à comprendre le conflit linguistique canadien. Je suis malgré moi inclus dedans étant francophone.

J’aurais découvert le moonlight ou un autre nom pour le blackfriday… Cette horreur capitaliste ou les gens s’entasse dans les magasins pour 20% de réduction sur des choses qu’ils n’ont pas besoin, qui sera revendu sur Ebay ou mis à la poubelle dans 1 mois. La magie des fêtes de Noël.

Niveau climat on peut dire que je retrouve la Belgique, ce ciel gris déprimant et cette pluie incessante… Il drache!

Maintenant c’est clair l’océan a plus de classe que la mer du nord.

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Day 175 to day 201 : « Workaway, parfois une nouvelle forme d’esclavage ».

Après avoir enchaîné train, Skytrain, bus et ferry. Elle est venue me chercher au ferry à Swartz Bay, je suis épuisée par ce long voyage en train. J’arrive dans une petite maison chaleureuse. Sa mère et son mari sont là… Ils sont accueillants. Un des enfants curieux de ma présence vas descendre de sa chambre pour venir me voir. Demain, on est dimanche, mais je commence quand même à travailler pour que la femme me montre comment tout s’organise dans sa maison avant son départ… On me demande de me levée a 7h « pour me mettre dans le rythme ». Je me lève péniblement à 7h, descends les escaliers. C’est le grand silence, personne n’est levé, à l’exception d’un des enfants. Forcement vu que je suis levée c’est parfait, elle veut jouer avec moi, m’apporte son livre de français pour que je lise avec elle. Tout commençais bien dans le meilleur des mondes après mon aventure sulfureuse en Alberta…

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En faite, je n’ai pas envie de vous raconter cet épisode, ou alors si, j’ai envie de vous parlez de la conception de volontariat contemporain et de la problématique de ne pas payer pour un travail dans un pays régit par le capitalisme. De l’esclavagisme moderne… Je pourrais juste me plaindre et vous raconter l’histoire de ce volontariat en long et en large (Je vais peut être le faire dans les grandes lignes). Dans un sens j’étais heureuse d’avoir trouvé un endroit ou aller après avoir essuyé des dizaines de refus. Et j’aide cette famille, car ils cherchaient absolument quelqu’un de tout urgence avant que la mère parte au Japon pendant presque un mois. Leur bénévole qui devait venir en octobre et novembre à annulé. On me donnera plusieurs excuses différentes, je saurais jamais vraiment la réalité de cet affaire. Le faite est qu’ils étaient content de m’avoir. Surtout, après avoir été lâché en dernière minute. Je pourrais aussi vous décrire le sentiment que j’ai éprouvé lorsque le 10 novembre en rentrant guillerette de mon « day off » passé à downtown (réservé un logement pour le 1 décembre jusqu’au 1 janvier). On m’annonce que je ne peux pas rester ici jusqu’au 1 décembre. Or m’a date de départ n’avait pas été réellement convenu, j’avais pourtant émis l’idée de rester deux mois. Car j’avais besoin de stabilité, après une mauvaise expérience passée. Cela n’avait pas l’air de poser de problème sur le moment même quand j’en ai parlé. J’aimerais vous parler du sentiment que j’ai ressenti. Ce sentiment de pouvoir être jetée à tout moment. Que à aucun moment, je ne suis réellement chez moi. Que je n’étais pas vraiment acceptez ici. Je ne suis après tout, qu’un objet de consommation de plus dans un univers capitaliste. La problématique de devoir changer de volontariat tout les mois, l’adaptation que ça demande. Perpétuellement nomade, sur la route. Toujours prête à refaire son sac et à repartir. S’adapter toujours à des choses perpétuellement différentes. Sans cesse un changement. Horaires, saisons, gens, territoires, transports, toujours plus de transports. L’épuisement. Plus tard on te reprochera : « Zohra, pourquoi tu n’as pas prévenu les enfants à l’avance de quand tu partais, ils sont triste et pas préparer à te voir partir »… Ce moment où tu crois rêver. Tu frôle le cynisme. Tu as envie de fondre en larme et hurler à la fois… « J’aurais aussi aimé savoir à l’avance quand je partais ». Mais la seule chose auquel tu penses c’est que tu dois trouver une solution. Et vite. Tu lui souris bêtement. Tu ne trouves même pas les mots juste. « Je n’avais pas prévu ça… ». Tu pars t’enfermer dans ta chambre. Après tout c’est ton day off… Peut être le seul lieu ou tu essayes de tant bien que mal, de te sentir chez toi. Car je n’avais pas de plan B. « Ou vais-je aller ? Que faire jusqu’au 1 décembre ? » Ici, ils veulent bien que je reste jusque mi novembre. Merci, trop gentil, mais maintenant, je me sens clairement de trop. Je vais écumer Workaway et Wwoofing. Envoyer des messages à toute l’île de Vancouver. J’ai peu de temps, c’est bientôt les fêtes, personne ne prend de volontaire pendant « les fêtes »...

La seul chose qui aura réellement été somptueuse c’est la nourriture… Visiblement c’est comme ça qu’on paye les bénévoles… « Mange, mange, mange. Oublie que ce que tu fais c’est travailler. Appelle ça de l’échange culturel.«  Ils cuisinaient bien, je peux rien reprocher, j’ai été bien nourri. On ne m’a jamais limité sur les proportions. Malheureusement ce Workaway arrive après un mauvais expérience. Je ne supporte plus ce sentiment d’exploitation. Alors on leur trouvera toujours des excuses, car après tout je suis volontairement ici, personne ne m’empêche de claquer la porte (je pense d’ailleurs que c’est la le pire).  « Tu sais les canadiens ne savent pas dire vraiment les choses de peur de blesser. Ils sont trop polis pour ça ». Yes, yes, yes… I know…  Pas de soucis, pour me sentir de trop, je me suis sentie de trop. J’ai bien senti que je dérangeai et que je devais partir vite. J’ai trouvé moyenâgeux de devoir laver le sol à la main avec un torchon à me casser le dos. Devoir nettoyer toute la maison deux fois par semaine… « Y a deux salles de bains, n’oublie pas ».  « Ah c’est pratique les bénévoles, une chambre, un repas, ça fait baby-sitter et femme de ménage. Deux en un, et gratuitement, s’il vous plaît! » Ne jamais se sentir réellement chez soi, vivre le déracinement permanent, une fois adapter aux gens et au milieu tu dois déjà partir et te réadapter avec d’autre personne autre part. Et faut être reconnaissant de ces gens qui t’offre repas et gîte. J’aimerais l’être vraiment, mais je pense que parfois j’aurais aimé qu’on me remercie un peu plus que du bout des lèvres. J’aurais aimé avoir réellement l’impression d’un échange. Alors oui, je n’ai pas travaillé tant d’heure par jour. C’était correct au niveau des horaires. Deux jours de congés la semaine. Mais qu’es ce que j’ai appris au juste, qu’es ce que j’en ai retiré. Quel échange culturel j’en ai sorti à par avoir goûté à la cuisine perse. Je sais maintenant aller chercher des enfants à l’école. Nettoyer des salles de bain, le sol, faire les poussières, ramasser des feuilles, ranger des armoires. Je sais passer l’aspirateur tous les matins parce que le chien perd ses poils…

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Oh je suis cynique c’est vrai. Merci de m’offrir le gîte et le couvert. Mais j’ai de l’amertume. Je me suis sentie utilisée quand on a eu besoin de moi et jeter à la première occasion. Je me suis retrouvée à devoir trouver un Workaway en dernière minute dans le stress. Sans vraiment d’aide. Juste des bafouillements en boucle : « mais tu sais on ne te met pas dehors… Mais tu comprends… » Oui oui, j ai compris, il faut que je parte. Non, ils ne vont pas me mettre a la rue… Mais ils ne veulent pas de moi. Quelqu’un arrive début décembre. L’entreprise continue à recruter en masse, fin du CDD pour moi, merci, au revoir, pas de prolongation pour vous. Je n’ai rien fait de mal, j’ai au contraire respecté tout ce qu’on me disait de faire à la lettre. J’ai fais de mon mieux. Epuisée, malade, mais toujours souriante. Toujours serviable… Mais, je dois comprendre… Comprendre, qu’ils ont besoin d’une semaine de pause pour être en famille avant l’arrivée du prochain esclave volontaire. J’aurais aimé le savoir avant… J’aurais aimé qu’on me le dise avant. On vas jusqu’à me dire « c’est chouette tu vas pouvoir tester une autre famille canadienne, c’est bien pour toi ». Me parler pas de ce qui est bien pour moi s’il vous plait. Vous ne me connaissez pas, je suis épuisée vous le voyer même pas. Moi aussi j’ai besoin d’une pause… Ce qui est difficile la dedans c’est que tu ne peux pas faire ressentir aux enfants qu’il y a un soucis, tu ne peux pas changer de comportement avec eux sous prétexte que leurs parents t’exaspère. Ils n’en peuvent rien et ça je vais devoir me le rappeler en boucle pour faire comme si de rien était. C’est ça aussi le Canada. La société du paraître. On s’en fou réellement de ce qu’il y a derrière tant que tout parait parfait.

Comox, ça va être le jour et la nuit. Quand je me suis plains de m’être faite presque mettre à la porte de mon précédent Workaway, elle m’a juste dis… « Vous me dites toutes ça. Je pense qu’il y a un problème de culture entre les canadiens et les européens. » Oui sans doute. Forcée de l’admettre. Y a un océan qui nous sépare. J’ai travaillé malade, car je suis assez bête et persévérante, pour ne pas savoir dire que j’en peu plus, que j’ai besoin d’une pause moi aussi. Parce que je sens redevable, je dois travailler en échange de mon logement et de la nourriture qu’on m’offre chaques jours. Je me sens éperdument redevable. Il est difficile dans une société « moderne » de travailler gratuitement sans que cela deviennent de l’exploitation pure et dure. C’est comme si maintenant dans notre société moderne, l’argent donnait une valeur aux choses. Comme si le gratuit était toujours plus bas que le payant. Je pense, mais peut-être à tord que si j’avais été payé comme une réelle jeune fille au pair, j’aurais eu plus de reconnaissance. Je pense que la gratuité pousse à l’esclavage dans le monde actuel. Le dernier soir, je regarde la mère trier les photos de Noël passé pour leur calendrier. Les enfants me trainent dedans l’écran, ils veulent me montrer leur beau sapin. Ils sont tout agité de mon départ. Ravale tes larmes. Noël c’est pas pour toute suite et heureusement…

45685145_10161348678210037_53849793151107072_o Je pourrais vous raconter ces épisodes amusant, ou je me suis faite attaquée pour une vache, qui m’a laissée un bleu sur la cuisse pendant deux semaines. Cette journée où on a sonné à la porte et dans un élan de bravoure, j’ai été malencontreusement ouvrir la porte à des témoins de Jéhovah. Ce rendre compte du piège. Dire « Désolé je ne comprend pas l’anglais ». Les entendre continuer leur monologue sans que je puisse en placé une, en français… « Non désolé vraiment Jesus ne n’intéresse pas, je m’excuse ». Visiblement toutes les sectes du pays me veulent… Le père de la famille me racontera que quand son père est arrivé au Canada, il faisait rentrer les témoins de Jéhovah et leur apportais un thé tout en les écoutant. Qu’un jour il leur a dit « ok merci de m’avoir permis d’apprendre l’anglais, maintenant que je comprend ce que vous dites, ne revenez plus »

On ira jusqu’à me conseiller de faire du stop quand je dirais que j’ai des soucis à trouver des transports en commun. C’est là que tu te dis que ta vie n’a réellement pas de valeur à leurs yeux. Ils s’en foutent un peu de ton sort à vrai dire. Pourtant le stop en Colombie Britannique, tout le monde le déconseille fortement. « Ils sont fucké les gens ici ». Il y a eu du bon et du mauvais dans cet épisode à Victoria. Je ne peux pas tout dénigrés. J’ai juste pris conscience du côté perfide que pouvait avoir le bénévolat.

Qu’es ce que la vrai valeur du travail ? Quelle est la différence entre travail et esclavage ? Qu’es ce que la reconnaissance ? Le Canada est t’il si différent de l’Europe ? Les relations humaines ont t’elle perdue en valeur ?

 

 

Day 173 to day 174 : « Deux jours de train. De Edmonton à Vancouver. ‘Beautiful British Columbia’, me voilà ! »

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Me (re)voilà à la gare de Edmonton. Je la retrouve. On s’est déjà rencontrée en bus, quand je suis arrivée en Alberta. J’y ai déjà passé trois heures à errer dans cette (magnifique?) gare dans le passé. Katie m’a déposé à la gare en voiture, adorable jusqu’au bout. Juste le temps de lui dire au revoir et de la remercier pour tout. Je reprend mes bagages et m’engouffre dans cette petite gare peut commode. J’aperçois par la fenêtre le train sur le quai. Une espèce de grosse boite en aluminium, un train d’un autre siècle. On le dirait tout droit sorti d’un film… Ça explique qu’il faille deux jours de route, juste pour aller à Vancouver… Un homme vêtu de noir arrive tout sourire, il fait un appelle pour les gens qui prennent le train. « Les première classe, les vieux, les familles, les groupe de trois, deux, un… Tout le monde… Ah! ça c’est moi. Mon dieu… il parle en français aussi. Comme ça me fait bizarre d’entendre parler ma langue. Chargé comme un mulet, j’ai eu la merveilleuse idée garder mon gros backpack avec moi dans le train. On est jamais assez prudent. Me voilà à déambuler le long du quai pour trouver où je dois monter. J’ai pris un billet ultra économique … Je m’attend au pire … Vas-t’il y avoir des sièges? … Après être arrivée en tête de train, et après avoir demandé mon chemin à littéralement tout le monde, j’arrive en face de ce que je pense être le conducteur. Je lui demande confirmation: « Es-ce bien ici la classe économique ?… » (dans mon anglais approximatif)… Il me répond dans un français parfait avec un fort accent québécois. « Bin non… vous z’êtes trompé, c’est le premier wagon d’où vous venez, je m’excuse ». Son accent me fait sourire, le québécois m’avait manquait. Je ne sais pas être fâchée… Et toute manière à quoi bon… Je tente d’accélérer le pas… Le train vas bientôt partir… Ma tentative est vaine, le voir les gens me dépasser de toute part… Le stress monte, que le train parte pas sans moi, me laissez pas ici. Retour au début, je monte dans le train. Agréablement surprise. Je choisi un siège coté fenêtre. Je place mon bagage au dessus de ma tête. Du moins… Je tente de faire ça seule pendant 20 minutes, avant qu’on viennent m’aider.  Les sièges sont réellement confortables et larges… Beaucoup mieux que l avion (beaucoup mieux que le bus, ça va de soi). Je suis ravie. J’installe toute mes affaires, sort ma lieuse et m’installe confortablement. La contrôleuse passe, je donne mon billet. Elle écrit sur un papier des chiffres et des lettres. Je fini vite par comprendre qu’elle ma attribuer les deux sièges… Quelle de chance! La première (et la seule…) halte arrive vite… J’ai deux heures dans le fabuleux village de Jasper… Je sors mais reste en face de la gare. Beaucoup trop peur de rater le train et de voir mon bagage partir seul à Vancouver. Pi ici les trains… Y en a vraiment pas beaucoup… Je passe un agréable voyage. Emerveillée comme un enfant par les superbes paysages. Le conducteur commente le paysage en anglais et en français. C’est magnifique, on traverse le parc national de Jasper…

Je dors relativement bien allongée sur mes deux sièges, le seul réel soucis sont les vas et viens des gens la nuit, les arrêts dans des gares. Pi cette lumière qu’on éteint jamais, j’avoue que j’avais pas prévu ça. Mais dans l’ensemble c’est l’un de mes plus belles expériences ici, ce serais à refaire, je le refait et je prendrais le train depuis Toronto pour aller Jusqu’à Vancouver, c’est incomparable fasse à met trajets en bus… Mais revenons sur terre, le deuxième jour, quelques part dans l’après midi, j’entends les gens dire que la dernière fois qu’ils ont prit le train, ils ont eu 4h de retard. Un autre surenchéri « tu as de la chance, moi c’était 8h »… Cela fait relativiser sur les retards de notre cher SNCB, à coté de ça VIARAIL c’est autre chose, il n’y a pas des trains tout les jours, et les horaires sont là un peu pour décorer. Je commence à devenir anxieuse, sur le billet il est effectivement marqué que l’heure d’arrivée est approximative, que viarail n’est pas responsable en cas de retard. Ce n’est pas des plus rassurant. Je suis dans un train sans wifi et sans cellulaire, au plein milieu d’un forêt canadienne, c’est le rêve mais… Je ne sais pas où on est, ni combien de temps il nous reste. Et je sais que mon trajet d’arrivée est compliqué. Je dois enchaînée beaucoup de transports et prendre un ferry pour aller jusqu’à Victoria. Les gens me stress « tu n’y arrivera jamais, y a pas de ferry toute la soirée tu sais! »… « I know… But… I have no choice… »

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Me voilà arrivée avec deux heures presque trois heures d’avance à la gare de Vancouver, la chance est décidément avec moi… Je sors de la gare, le soleil brille, dix ou quinze personnes fument et dansent sur une chanson de Bob Marley dans un carré d’herbe devant la gare, ah oui…C’est vrai… La légalisation… J’ai les jambes un peu engourdie d’avoir passé deux jours dans un train… Je suis chargée mais pas l’temps de niaiser… Direction Victoria… Un train aérien, un bus et un ferry plus tard…

Bonsoir Victoria…